Alerte Enlèvement : Rassurer son enfant sur le pire (la mort)

Infanticide - Filicide

Hier ça refaisait la une des journaux quotidiens, Alerte Enlèvement ! Dispositif mis en place en France depuis 2006 et qui heureusement porte ses fruits. Cependant, il arrive parfois que les choses ne se terminent pas comme elles sont attendues. C’est malheureusement le cas, quand un enlèvement tourne au cauchemar et qu’on finit par découvrir le pire. Voyons en cas d’alerte enlèvement, comment rassurer son enfant sur le pire : la mort ?

C’est justement à cela que j’ai eu à faire dernièrement, au lendemain de ce fait-divers, cette tragédie humaine. L’histoire d’une mère, vraisemblablement fragile, qui a enlevé sa petite fille âgée d’a peine un an, avant de lui donner la mort, acte que certain qualifie de filicide.  C’est en rentrant de l’école que ma fille Mademoiselle H. m’a interpellé avec cette question déroutante, qui lui pendait au bout des lèvres :

Mademoiselle H. : «Tu sais maman,  Delphine* m’a parlé d’une petite fille de 1 an qui a été tuée par sa mère. C’est vrai ça ? Est-ce que tu peux m’en parler ? »

Moi (au fond de moi-même) : « Oulala…je réponds quoi ??! »

Faut dire que ce n’est pas le genre de question à laquelle on s’attend tous les jours et encore moins au retour de l’école. Sans parler, qu’on n’est jamais assez bien préparé pour répondre à ce genre d’interrogation. Alors, quand un crime après enlèvement, s’invite aux discussions et qu’elle concerne en plus de cela des enfants, quoi dire, quoi faire ?

 

Rassurer son enfant sur le pire

La mort est un sujet plutôt « glauque » voir même tabou, on n’aime pas en parler,  mais doit-on pour autant l’éviter ?

En effet, on peut croire que la mort n’est pas la bienvenue dans notre quotidien. On a tellement de projets en tête. D’abord on vie au rythme de nos études et voilà qu’un travail à temps plein pompe une grande partie de notre énergie, le mariage, les enfants, la famille occupent le reste de notre temps, jusqu’au moment de prendre sa retraite. Bref, pas le temps, ni l’envie d’y penser. Forcement, des choses plus réjouissantes et préoccupantes hantent nos esprits. Et si au cours de cette vie, le mort s’invitait à nous. Une mort qui nous fait peur et que l’on fuit.

Rendons nous à l’évidence, comme le renouveau, la naissance, la mort nous entoure constamment et inévitablement un jour nous aurons rendez-vous avec elle.

Le Très-Haut n’a-t-Il pas dit :

« Dis : « La mort que vous fuyez va certes venir à votre rencontre. » » (Coran 62/8)

Sans aucun doute, il y a ceux qui choisiront de refouler le sujet en le contournant ou encore mieux en disant : « Tu sais mon enfant, ce n’est pas très intéressant de parler de ça, que dirais tu de…. ? » . Ceux là considèrent la mort comme un trou noir, un néant sans suite et préfèrent rester dans l’ignorance.

Tandis que d’autres, comme toi et moi je l’espère, choisiront de se préparer pour être en capacité de riposter. Afin d’être mieux disposer à répondre aux interrogations de nos enfants, si l’occasion venait à se présenter. Cette éventualité induit l’utilisation de mots pesés, rassurants et constructifs.

Partant de ce fais-divers, mon premier réflexe pour me rendre la tâche plus facile a été trouver l’inspiration dans notre héritage religieux. C’est même une recommandation prophétique que de se rappeler de la mort. Saisissons donc cette opportunité pour en faire profiter nos enfants simplement et honnêtement.

D’après Abou Houreira (PS), le Prophète (PBSL) a dit:

« Rappelez-vous fréquemment de celle qui coupe les plaisirs »

en voulant parler de la mort.

(Rapporté par Tirmidhi)

 Mais quel intérêt à la faire ?

 

Mettre des mots sur le crime

Tout simplement parce que parler de la mort, c’est enseigner à nos enfants autant qu’à nous même, que notre passage sur terre est limité et qu’il y aussi autre chose après la mort. Mais ce « autre chose » sera déterminé par tout ce qu’on aura fait de notre vivant sur terre. Une raison de plus, pour encourager nos enfants à agir avec rectitude, patience et conviction.

La mort glaçante de cette petite fille par sa propre mère, fait froid dans le dos à un adulte alors que peut-on dire d’un enfant ? Je me souviens avoir remarqué dans les yeux de ma fille, de l’inquiétude et de la peur à l’idée de penser qu’un tel crime pouvait lui être commis à son tour. En même temps, quel enfant ne serait pas effrayé à l’idée d’entendre un crime aussi abominable ?

Car oui, c’est bien de cette inquiétude dont il est question. L’adulte logique et raisonné sait dissocier le rationnel de l’irrationnel, le réel de l’irréel. Dans le cerveau de nos enfants, ce genre d’information prend une autre dimension. Pour mieux comprendre, il est important de se mettre à leur niveau pour admettre qu’une telle nouvelle puisse sonner comme un électrochoc. Il y a même de forte chance que votre enfant se demande : « Et si moi aussi ma mère ou mon père me faisait la même chose » Schématiquement, c’est ce qui peut lui faire écho dans sa petite tête.

 

Ne pas refouler l’inquiétude

Raison de plus pour ne pas chasser cette appréhension, cette crainte. Il est important d’accueillir le sentiment d’inquiétude qui envahit son enfant pour mieux le rassurer et le réconforter. Pour ma fille, j’ai donc commencé par lui démontrer mon amour inconditionnel, lui rappeler que mon rôle de parent était avant tout protecteur et non persécuteur. J’ai insisté sur le fait qu’un parent doué de raison, craintif de son Seigneur ne pourrait commettre un tel acte aussi barbare et cela même dans ses pires cauchemars. Une chose est sûre, nos enfants ont besoin de se sentir en sécurité, montrons leurs qu’ils le sont.

Quand l’occasion se présente, il est important de remettre l’objet du « crime » dans son contexte. En l’occurrence, cette mère était perdu psychologiquement et socialement ce qui déjà ne permet pas d’établir une probable comparaison avec notre propre situation par exemple. Aussi, tous les éléments sont bons à prendre tenter de réconforter son enfant.

Qui tue un être humain, tue toute l’humanité

L’autre élément de réponse rassurant à dire à nos enfants est de rappeler à quel point la vie d’un être humain est sacrée au près de notre Créateur. C’est là une preuve irréfutable pour faire dissiper le doute qui plane sur un éventuel passage à l’acte dans l’esprit de nos enfants :

« Quiconque a tué un être humain non coupable de meurtre ou de sédition sur la Terre est considéré comme ayant tué l’humanité tout entière ; et quiconque a sauvé la vie d’un seul être humain est considéré comme ayant sauvé la vie de l’humanité tout entière ! » (Coran 5/32).

Il est important de tranquilliser l’enfant qui s’interroge sur la mort, quand elle est donnée avec préméditation. D’où l’intérêt d’éviter des paroles comme :

« Arrête d’avoir peur »

« C’est rien, oublie »

« N’écoute pas ce qu’on te dit »

« N’y pense pas, occupe toi de ce que tu fais »

« Ce ne sont que des histoires »

« Cette mère, a pété un câble »

« Ça n’arrive qu’aux autres »

« On en parlera une prochaine fois »

Etc.

Si effectivement vous manquez de temps pour en parler, reportez la discussion. Toutefois, tâchez de tenir parole en revenant sur le sujet dans un moment plus opportun. Retenez que même sur des sujets aussi délicats que la mort ou le crime, les enfants ont besoin d’informations claires, tangibles, sécurisantes et avant tout de connaitre la vérité.

(*Prénom modifié)

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